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L’opération « liquidation totale » !..
Voilà au moins un engagement que Sarkozy va tenir : la liquidation définitive des acquis sociaux du XXe siècle, en particulier ceux résultant du programme du Conseil National de la Résistance, inscrits dans les faits au lendemain de la seconde guerre mondiale dans laquelle le Capitalisme international s’était tellement compromis qu’il se trouvait contraint de céder sur ses historiques prétentions…
Engagée dès le lendemain de sa défaite (qu’on se souvienne de l’exclusion des ministres communistes du Gouvernement) la bataille de la revanche n’a jamais cessé.
Entravée, ralentie par les solidarités autour d’une classe ouvrière politiquement éduquée, organisée, fédérée autour d’un clair projet de lutte anticapitaliste et de perspectives socialiste, la marche des revanchards n’a cependant jamais cessé, quitte d’ailleurs à ne reculer devant aucune violence dut-elle se traduire en cadavres (là encore souvenons nous des luttes des mineurs entr’autres !).
La grande bourgeoisie de l’avant-guerre et le « capitalisme familial « , atteints dans leurs privilèges se sont, sans peine et très rapidement, convertis aux dogmes du « libéralisme » financier et n’ont eu, dès lors, de cesse de dénoncer l’hérésie économique (à leurs yeux…) de l’irruption du social dans le paysage.
Ils ont trouvé les mots et les concepts pour crédibiliser leur démarche : productivité/compétitivité, classements internationaux en tout genre (sans jamais éclairer sur les éléments de base de ces classements), faisant immanquablement apparaître les « retards » de notre pays quel que soit le domaine, retards par rapport à quoi ? par rapport à qui ?...LA N’EST PAS LE SUJET !!!
La France « socialisée » est en retard ! Il faut donc, d’urgence, la débarrasser de ce carcan de socialisation, la « Libérer »….pour la « libéraliser » et lui permettre de prendre rang (ou de retrouver rang, selon les circonstances ) dans les « Grandes Nations !
La « modernisation » de l’économie de production, la « mondialisation » (de la Finance) ne laissent pas de choix.
Voilà, le schéma est tracé, le discours est construit, ne reste plus qu’à étouffer sous des argumentaires à répétition, fussent-ilsplus spécieux les uns que les autres, tout autre discours, toute tentative d’argumentation à contrario, d’abord et surtout s’il s’agit de remettre l’homme social au centre du débat plutot que « l’homo économicus « .
Après la réduction en peau de chagrin de la Sécurité Sociale, passée par doses homéopathiques , avec l’insupportable complicité d’un système mutualiste reniant ses origines et tout acquis au libéralisme dont il espère devenir un acteur important, le bastion à démolir est LA RETRAITE , en tout cas celle que se construisent les salariés au long de leur vie active en acceptant la transformation d’une partie de la « vente » de leur force de travail en un « salaire différé ».
Que ce salaire différé soit supporté par le salarié, passe encore, mais que le système implique une contribution obligatoire prise sur la plus-value pouvant venir en rémunération du Capital, voilà qui est insupportable pour les tenants de ce libéralisme à tout crin…
Devoir amputer le profit du paiement d’un salaire et pas seulement du « bol de soupe » permettant de maintenir l’individu au travail, est déjà, pour ces « bons esprits » une contrainte dont il faut sans arrêt resserrer les limites. Toute amputation supplémentaire du sacro-saint « revenu du Capital », on le voit bien, ne peut donc être que « spoliation » à faire cesser.
Le discours sur la prétendue « réforme » des retraites est ancré sur ce fondement là ! pas autre chose !!!
Mais le scandale n’est pas tellement que le Capitalisme, dans sa logique perpétuelle, mène ce combat idéologique …
Il est dans la complicité, active et passive, de larges couches de la société, gangrenée idéologiquement, engouffrées dans un bel ensemble dans le sillage de ces prétendus philosophes, théoriciens ou « économistes » parangons de ce soi-disant inévitable « ordre nouveau « (ceci doit rappeler quelque chose aux plus anciens d’entre nous ! ).
Les entendre répéter à satiété : « Il faut réformer » ; « nous sommes pour la réforme mais pas pour la réforme « sauvage », « nous devons nous adapter à l’économie moderne », « la mondialisation nous contraint à…. »
Voir et entendre la soi-disant gauche, de Hollande et Martine Aubry à nos fameux « écolos » en passant par les Chèrèque, et autres Le Duigou disputailler sur de prétendus « remèdes à la menace de crise des retraites », tels que :
faut-il ou non retarder l’âge légal du départ ?, faut-il ou non augmenter les cotisations ? faut-il oui non aligner « privé » et « public » ? et autres calembredaines
tient, au mieux, de la mauvaise farce , et, au plus vrai, du refus obstiné de mettre au jour le fond réel de la question : la lutte à mort engagée par le Capitalisme contre toute forme, si minime soit-elle, de « socialisation », et pas seulement de l’économie ou de la finance.
Reconnaître, en effet, cette réalité là , contraindrait à admettre que la réalité d’aujourd’hui c’est la lutte de Classe la plus violente qu’aient jamais engagée les puissances de l’argent, utilisant pour ce faire tous les moyens que les évolutions scientifiques et techniques ont fait émerger et dont la puissance est mise en œuvre pour modeler les esprits annihiler les consciences…
… Sans pour autant négliger des instruments et moyens plus « classiques » comme en porte témoignage la résurgence soigneusement orchestrée du « fait religieux » par exemple. Sur ce point, les Etats-Unis d’Obama, avec leurs églises à géométrie variable occupant tous les terrains, illustrent le propos, autant que l’église orthodoxe de Russie remise en selle par le nouveau pouvoir et ses oligarques.
L’enjeu de la « réforme » des retraites n’est évidemment pas le prétendu ou potentiel « déficit » du système.
Il n’est que de voir d’ailleurs que ce même « problème » est posé désormais partout où le « libéralisme réussit à faire son lit.
Si ce n’était à hurler, se serait à mourir de rire de s’obnubiler sur ce propos : que représentent donc 10, 20 40, voire 100 milliards quand la dette du seul Etat français envers la finance mondiale ne tardera pas à atteindre les 2000 milliards
Il est vrai que ces milliards là les travailleurs français d’aujourd’hui et demain devront les « suer » sous le harnais au seul profit des « prêteurs » ! C’est bien autre chose que de produire pour distribuer !
Alors ?
Sauf éveil de la conscience politique, des salariés au premier chef puisque premières victimes désignées, une régression sans précédent sera l’issue probable ; un recul de civilisation de plus d’un siècle s’accomplira ici…et ailleurs !
Faudra-t-il faire le constat qu’il n’existe plus au pays de La Commune d’esprit assez fort pour engager cette bataille idéologique essentielle et devrait-on donc se résigner au retour d’un « Nouveau Moyen Age » ?
Il n’est jamais trop tard pour le sursaut salvateur…
Mais il est urgent de ne pas attendre !
Jean Massé
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